La Covid-19 et la liberté d’expression dans les Amériques

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La liberté d’expression est la pierre angulaire sur laquelle existe l’existence même d’une société démocratique, selon la Cour interaméricaine des droits de l’homme. Elle est indispensable à la formation de l’opinion publique et aux connaissances scientifiques et permet aux sociétés d’être suffisamment bien renseignées et donc véritablement libres. Ce principe s’applique en période normale et prend peut-être encore plus d’importance en période extraordinaire, telle que l’urgence sanitaire mondiale actuelle causée par la pandémie de la Covid-19.

Cependant, sous le couvert de la réponse Covid-19, certains gouvernements des Amériques ont pris des mesures pour criminaliser la liberté d’expression, restreindre l’accès à l’information publique ou répandre la désinformation liée à la pandémie. La décision de certains États et de certains responsables de limiter le droit à la liberté d’expression et l’accès à l’information est contraire à celle d’autres gouvernements nationaux et infranationaux dans les Amériques qui ont pris des mesures décisives pour lutter contre la pandémie sans recourir à la censure, de même que celle d’autres gouvernements qui ont corrigé leurs faux pas du début pour faire en sorte que leur intervention en santé publique soit compatible avec le droit à la liberté d’expression.

On offre dans le présent rapport du programme Peter D. Bell Rule of Law du Inter-American Dialogue et Edison Lanza, expert sur la liberté d’expression et actuel du Rapporteur spécial sur la liberté d’expression de l’Organisation des États américains, une évaluation succincte de la situation entourant la liberté d’expression dans les Amériques au cours des premiers mois de la pandémie de la Covid-19.

TROIS TENDANCES PRÉOCCUPANTES:

  1. Pression accrue exercée sur les journalistes et les médias, notamment de la violence physique et du harcèlement, des arrestations et des poursuites et un milieu de travail de plus en plus difficile. Les gouvernements sont tenus, par le devoir, de veiller à ce que le journalisme se porte bien et joue son rôle essentiel pendant la pandémie, puisque la protection des médias protège le droit à l’information du public. Les journalistes et les médias, de même que les professionnels de la santé et les experts compétents doivent être en mesure de s’exprimer librement et de présenter des comptes rendus sur la Covid-19 en toute liberté, y compris des critiques sur les mesures prises par les gouvernements, sans crainte ni censure.
  2. Des limites au niveau de la transparence et de l’accès à l’information. Les États ont des obligations actives et passives dans le domaine de la transparence gouvernementale. Dans le contexte de la Covid-19, une de ces obligations consiste à faire état en détail des effets de la pandémie et des dépenses d’urgence et de définir l’ordre de priorité des demandes d’accès à l’information liée à l’urgence sanitaire publique, tout en s’abstenant d’imposer des limites générales sur l’accès à l’information publique et des restrictions arbitraires quant à l’accès des journalistes aux sources officielles.
  3. De la mésinformation et de la désinformation en ligne, qui dans certains cas est véhiculée par des fonctionnaires. La propagation de mésinformation en ligne au sujet de la pandémie de la Covid-19 a mené l’OMS à qualifier l’urgence sanitaire publique d’« infodémie » ou d’une « surabondance d’informations » – certaines exactes d’autres non – qui complique la tâche aux personnes à la recherche de sources et de conseils fiables lorsqu’elles en ont besoin ». Les gouvernements et les plateformes Internet ont le devoir de lutter contre la mésinformation concernant la pandémie et de faire preuve de transparence à cet égard.

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